01 / Contexte et contrainte métier
Une politique d'extinction débattue sans donnée
L'Agglomération d'Agen éteint une partie de son éclairage public la nuit, selon deux plages : de 23 h à 6 h ou de 2 h à 6 h selon les zones. Le débat public sur cette politique reposait sur du ressenti, certains habitants se sentaient en insécurité, d'autres non, sans que personne n'ait confronté les emprises d'extinction au trafic routier réellement mesuré. La commande : produire une base de données spatiale, un indicateur de pertinence et un chiffrage par scénario, conformes INSPIRE et exploitables par les services techniques après la mission.
02 / Le problème, du point de vue de l'utilisateur
« Je dois délibérer, et je n'ai que des perceptions contradictoires »
L'élu qui arbitre la politique d'extinction ne peut ni valider ni ajuster les emprises actuelles sans savoir quelles voies restent réellement fréquentées pendant les plages d'extinction, ni ce que coûterait ou rapporterait chaque ajustement. Les services techniques, eux, ne disposaient même pas d'un inventaire spatialisé des points lumineux.
03 / Architecture retenue
Une base PostGIS qui calcule ses propres statistiques
04 / Choix techniques et alternatives écartées
Trois décisions dimensionnantes
Des triggers plutôt qu'un traitement batch
Deux triggers PL/pgSQL recalculent les statistiques de comptage, percent_2_6h, nb_vm_23_6h et les autres, à chaque insertion ou mise à jour d'un point. Les indicateurs restent justes sans supervision.
Écarté : un batch nocturne, qui aurait introduit un décalage et imposé une supervision, pour une donnée qui évolue au fil des recalibrages.Un temps d'usage plutôt qu'un volume
Une route très fréquentée à 23 h mais vide à 3 h n'a pas le même profil qu'une route peu fréquentée mais toute la nuit. Le temps cumulé de passage sous éclairage actif capture cette dimension temporelle.
Écarté : le simple volume de véhicules, qui écrase la distribution horaire et fausse la comparaison entre plages d'extinction.Quatre scénarios plutôt qu'une recommandation
Les élus n'arbitrent pas entre bon et mauvais, ils arbitrent entre compromis. Le scénario en place plus trois alternatives, chacune chiffrée en euros par an, forment une matrice de décision.
Écarté : une recommandation unique, qui aurait déplacé la décision politique vers le prestataire technique.05 / Une difficulté réelle et sa résolution
L'inventaire a invalidé une partie de la question posée
La première étape concrète, l'intégration et la cartographie des 20 416 foyers lumineux, a révélé un fait que personne n'avait relevé : certaines voiries ne sont pas équipées en éclairage. Parler d'extinction sur ces zones n'a aucun sens, et les inclure dans l'analyse aurait faussé l'indicateur de pertinence. Il a fallu recadrer l'analyse en croisant systématiquement chaque tronçon avec la présence effective de foyers avant de le qualifier, ce qui a modifié le périmètre des scénarios présentés.
06 / Résultat mesuré
Quatre emprises chiffrées, utilisées pour la délibération
Livrables remis : la base PostGIS documentée, l'atlas cartographique pour les services techniques, la carte de pertinence et le tableau des scénarios, avec métadonnées ISO 19115 et conformité INSPIRE, sur un territoire de 650 km² et 44 communes.
07 / Ce que je ferais différemment aujourd'hui
Deux limites resteraient à traiter dans une seconde itération. D'abord, les points de comptage routier remontent par import CSV ponctuel plutôt que par une connexion directe au SIG, ce qui fige la donnée entre deux campagnes de mise à jour. Ensuite, les zones rurales restent sous-équipées en points de comptage, ce qui homogénéise artificiellement une partie du territoire dans l'analyse. J'intégrerais aussi le trafic piéton et cycliste, ainsi que des données de sécurité publique, pour objectiver le lien entre extinction nocturne et sentiment d'insécurité plutôt que de le laisser au débat.
08 / Démo et code
La mission est terminée et la base a été remise à la collectivité : pas de démo en ligne. Les scripts SQL et les triggers ont été livrés à l'Agglomération d'Agen dans le cadre de la mission et ne sont pas publiés, comme pour les autres études de cas produites pour un client. Les modèles de données et les planches cartographiques ci-dessus sont les livrables partageables du projet.
Consulter la méthodologie complète : outils, données, modélisation, automatisation et contrôle qualité derrière ces scénarios.